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          A déconseiller formellement au moins de 16 ans.

         Le basculement de couleurs et de caméra tout au long du film, en accord avec l'histoire dramatique, permet de comprendre parfaitement ce qui a fait chavirer les héros (anti-héros ?) jusqu’au drame final alors que ceux-ci n’avaient rien demandé. Et c’est bien ce qui fait très peur : cette sensation que la  tragédie était écrite et pouvait arriver à n’importe qui. Au-delà de la polémique engendrée par ce film (avec les scènes crues, la violence gratuite) , les réflexions qu’elle impose (pour ou contre la vengeance ?), il n’est pas possible de rester indifférent. On aime ou on n’aime pas ce genre. Personnellement je trouve qu’il y a des idées intéressantes par la forme mais par le fond j’en suis beaucoup moins persuadé. Et c’est bien ce qui me travaille… Cette propension à la violence, qui conduit à la mort d'un innocent, prolonge encore la réflexion sur la vengeance aveugle car ce n'est pas le violeur qui est tué mais un autre client de la boîte de nuit sous le regard du vrai coupable fasciné. J’avais eu le même trouble en regardant le film « Crash » de Cronenberg, qui ose prendre le spectateur aux tripes. En conséquence, je vous laisserai seul juge en n’attribuant aucune note. On pourrait apposer 0/20 comme on pourrait noter 20/20 un film comme celui-ci, unique en son genre. Regardez les réactions suscitées en cliquant sur l'extincteur.

          Attention cependant à deux scènes extrêmement violentes, paroxystiques à souhait, et qui marqueront tous les esprits. Celle de l’agression avec l’extincteur, puis celle du viol qui sont quasi-insoutenables. Provocateur, ce film avait causé la nausée de nombreuses personnes lors de sa représentation au festival de Cannes 2002  qui durent être évacuées suite à des malaises (environ 200 personnes sur 2800 tout de même). La scène du viol est pourtant « truquée » (heureusement !), et le sexe du violeur que l’on voit brièvement a été rajouté numériquement. Il n’empêche que l'émotivité de certaines personnes peut en être affectée, c’est avec une mise en garde nécessaire qu’il convient de considérer « Irreversible ».

          Film choc, film coup de poing, les qualificatifs excessifs ne manqueront pas pour le désigner. Copier par la forme sur le film « Memento » (c’est-à-dire que l’on commence par la fin pour revenir vers le début), il s’en éloigne par sa représentation pratiquement en temps réel et très sombre. On commence par le générique de fin pour revenir 1h30 plus tard au début du film. L’action se passe un samedi en pleine nuit , et le climat instauré par cette obscurité donne une impression malsaine et glauque. Pourtant on s’en éloigne au fur et à mesure que l’on avance (ou plus exactement « recule ») dans l'histoire. Les mouvements de caméras sont très particuliers, tournoyant, nauséeux comme la tragédie qui va survenir. Les couleurs sont ténébreuses ou rougeâtres et confèrent ce sentiment d’insécurité et de basculement. A chaque transition vers une scène ultérieure, la caméra se fige sur des lumières artificielles. Les seules couleurs positives se retrouvent alors en toute fin de film, avec les enfants qui jouent sur la pelouse verte-émeraude, près d'un jet d'eau, sous un superbe ciel bleu.

Alex (Monica Bellucci)

 
          Pierre vient d’être arrêté par la police à la sortie d’une boite de nuit homosexuelle. Son ami Marcus, complètement groggy, est transporté au même instant par les pompiers. Pierre voulait en fait protéger Marcus qui allait se faire lyncher et pour cela, il a tué avec une sauvagerie inouïe devant les clients médusés un individu. Quelques heures plus tôt, une femme avait été violée. Il s'agissait de l’amie de Marcus, l’ex-femme de Pierre.

 

                                                            

genre :                   

   fiche technique :  

IRREVERSIBLE