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          Arnie Cunningham est un jeune garçon qui n’existe pas aux yeux des autres, excepté à ceux de son ami Dennis. Souffre douleur dans son lycée, mal dans sa peau, sa seule passion consiste à restaurer une vieille voiture complètement rouillée, une Plymouth Fury 58, baptisée Christine. Mais bientôt, grâce à son travail acharné et à la stupéfaction de tout le monde, le véhicule reprend vie et roule ! Arnie devient plus sur de lui, il s’affirme. Seulement son nouveau comportement ne plait pas et une bande de voyous décide d’organiser des représailles. Christine en est la cible et est détruite lors d’un vandalisme. Mais comme par magie, l'automobile se reconstruit et entreprend de venger Arnie...

          Très bon film de John Carpenter, « Christine » provient d’un roman de Stephen King mais remanié par le cinéaste et le scénariste Bill Phillips qui ont volontairement omis des éléments trop fantastiques du livre. Entre-autre, l’apparition du fantôme de LeBay (l’ancien propriétaire de la voiture) qui aurait du se présenter sur le siège arrière du véhicule est totalement occultée. Que nenni, ce n’est pas pour autant que le film perd en force ce que la multitude de détails du pavé concocté par King nous offrait. Et même si Carpenter regrettera par ailleurs son choix estimant après coup qu’il aurait du suivre plus fidèlement le bouquin plutôt que de se concentrer sur les rapports d’Arnie et de la voiture, la décision du réalisateur fut néanmoins très intéressante. Le film est bon. Malgré tout, les résultats commerciaux de l’époque furent pourtant décevants et coïncidèrent avec une période de déprime traversée par le cinéaste.

La voiture indestructible prête à tuer

          Mu d’un excellent casting (Keith Gordon que l’on a vu dans « Pulsions » de De Palma, Harry Dean Stanton que l’on retrouve dans « Alien » ou « New York 1997», etc…), d’une musique totalement irréprochable (exemple de « Bad to the Bone » que l’on entend également dans « Terminator 2 » lorsque Schwarzy sort du bar et vole la moto),  de trucages spéciaux ultra bien réalisés (ça semble tout simple de reconstruire une voiture à mettant les bobines du film à l’envers mais encore faut il avoir détruit le véhicule sans laisser de traces), Carpenter a réalisé un très bon produit qui n’est pas tombé dans la ringardise. Le film a tout de même un tout petit peu vieilli. Il est vrai que les nombreux éléments des années 50 se retrouvant dans les années 80 aident à ne pas fixer de réelle époque à l'histoire mais comparativement à « La Nuit des Masques - Halloween » ce film semble dater. Quant aux effets spéciaux, en 1983 le morphing n’existant pas, ils sont totalement bluffants. Bien sur, on comprend que tout est filmé à l'envers mais comment les techniciens ont fait pour détruire le véhicule sans que l’on ne remarque les coups portés ? C’est là en tous cas que l’on s’aperçoit que le morphing à des limites et que les trucages traditionnels peuvent se révéler bien meilleurs.

          Sans être le meilleur film de Carpenter, « Christine » se place dans la catégorie supérieure. De bonne facture, ce fantastique très bien réalisé permet au spectateur de basculer peu à peu dans l’angoisse. C’est aussi une métaphore sur la sexualité, car l’on s’aperçoit en fait qu’Arnie n’a jamais aimé une femme, si ce n’est « Christine » qu’il place au dessus de tout le monde, de sa propre petite amie en passant par ses parents et son meilleur ami Dennis. Au résultat, on obtient une très bonne série B,  que l’on peut visionner sans aucun regret.