Gordon
"Gordie" LaChance,
un écrivain d'une quarantaine d'années, apprend par un journal que son ami d'enfance,
Chris, a été mortellement blessé d'un coup de couteau dans un bar. Il se souvient
alors avec nostalgie d'un épisode marquant de leur jeunesse.
Fin de
l'été, dans le bled perdu de Castle Rock. Alors qu'ils ont une douzaine
d'années, Gordie, Chris, Teddie et Vern sont les meilleurs amis du monde, inséparables. Ils apprennent la disparition d'un adolescent et
à la suite d'une indiscrétion, qu'il est décédé. Ils décident alors
de rechercher son corps qui est situé près d'une voie ferrée et que personne
n'a encore retrouvé. Espérant devenir des vedettes locales, ils vont s'engager
dans une équipée de deux jours, où chacun va affirmer sa personnalité et
évoluer vers un âge adulte.
Pourquoi diable un tel film sur ce site alors que
se côtoient principalement des longs métrages fantastiques, d’horreur ou de
violence ? Simplement parce que la personne qui a écrit cette nouvelle se
trouve être le plus grand écrivain américain contemporain d’histoires
fantastiques, et même si cet épisode échappe aux traditionnels registres dans
lesquels s’inscrit son auteur, il n’en demeure pas moins un formidable récit.
L’écrivain s’appelle Stephen King et a tiré en partie de ses souvenirs d’enfance
toute cette histoire. Nombre de ses livres ont d’ailleurs vu une adaptation au
cinéma, comme « Christine », « Dead Zone » et bien d’autres
encore. Et lorsqu’un cinéaste, en l’occurrence Rob Reiner se propose d’adapter
cette aventure autobiographique du « Maître », la joie est d’autant
plus intense au final pour les fans qu’elle colle parfaitement aux sensations
décrites par l’écrivain. « Stand by Me » n’est absolument pas un film
d’horreur, il se destine à toute la famille, et on peut sans peine le qualifier
de petit bijou d’une rare beauté puisqu’il est impossible de rester insensible
en le regardant.
Les
quatre amis
Cette quête est en fait un apprentissage et un he à la vie.
Histoire émouvante en forme de flash-back, les quatre amis sont ceux dont on
aimerait faire partie de la bande. Ils sont plein de ressources, il y a
les gros mots, la cabane dans les arbres, Cette quête est en fait un apprentissage et un
hymne à la vie. Histoire émouvante en forme de flash-back, les quatre amis sont
ceux dont on aimerait faire partie de la bande. Ils sont plein de
ressources, il y a les gros mots, la cabane dans les arbres, les codes secrets,
la cigarette fumée en cachette... Bien sur, il y a les éternels clichés : le
chef, le petit-gros, l'intello et le casse-cou, mais le film est construit
d'une manière telle que tous les écueils du genre sont soigneusement évités et
finalement en ressort une oeuvre extrêmement touchante, pleine de
tendresse. Pourtant le pari était osé. En effet, pendant tout le film, leur
voyage sera placé sous le signe de la Mort. L'introduction, c'est le décès de
Chris, l'un des héros, dès le début du film, avant même que la véritable
histoire ne prenne forme avec la recherche du cadavre de
l'adolescent. Puis il y a la mort sous-jacente, avec le traumatisme de
Gordie concernant le décès de son frère, l'esquive du train telle une attitude
suicidaire, le couteau sous la gorge, le revolver, etc... Mais le parcours
initiatique des adolescents va les rapprocher des réalités de la vie et leur
permettre d'accéder à l'age adulte, de faire d'eux des hommes, un peu trop
rapidement sûrement. Voltaire, auteur de « Candide », n'aurait pas
renié cette formidable aventure.
L'expédition
Il
y a des petits miracles qui donnent à ce film le nom de chef-d’œuvre. Tirée en
partie d'une histoire autobiographique de Stephen King, c'est peut-être
l'adaptation la plus bouleversante du maître de l'horreur. Et pourtant, il ne
s'agit nullement d'un film de terreur, on est à des années-lumières de ce qui
caractérise le style de l'écrivain. Montrer une enfance en détresse, en proie à
des doutes, n'était pas chose facile, d’autant lorsque l’étiquette
« écrivain d’horreur » colle à la peau, pas forcément bien perçue par
certaines critiques. Il ne fallait pas tomber dans la mièvrerie, et c'est une
fin ni optimiste ni fataliste qui révèle que l'on est maître de son
destin qui sera la conclusion de ce récit. La fin du film est d’ailleurs
légèrement différente de celle du livre, Rob Reiner arrêtant finalement
l’histoire au bon moment sans parler de la vengeance des méchants garçons.
Scène
du pont... Et si le train arrivait ?
Les
sangsues
« Stand
by me » est une surprise excellente, tout en finesse et en émotion. Les
acteurs sont touchants de sincérité, et comme c'est expliqué dans le DVD en
bonus, ils ne jouent pas car "ils sont". Mention spéciale aux quatres
jeunes acteurs principalement à River Phœnix (décédé depuis) et à Jerry
O'Connel (le "petit-gros" devenu ensuite le héros des « Sliders
- Mondes parallèles »). Lorsque Stephen King assista à l’avant-première à
laquelle il était convié, il ressortit très ému de la salle. Ce film est un
must, à déguster en famille. Une leçon d'humanité. S’il n’y avait qu’un seul
regret à avoir, c’est de voir le mon « Fin » apparaître. A ne manquer
sous aucun prétexte.
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Avertissement américain
mettant en garde les parents devant accompagner
leurs enfants de moins de 17 ans pour voir
le film (langage cru).