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          Allegra Gellar, une conceptrice exceptionnelle de logiciels vient de passer 5 ans à mettre au point « eXistenZ », le top du top en matière de jeux vidéos. Parfaitement dans l'action, connectés avec une console organique directement sur leur moelle épinière, les joueurs ne savent plus s’ils sont dans la réalité ou le virtuel. Lors de la séance de présentation du jeu, pendant le téléchargement sur les joueurs, un terroriste cherche à assassiner Allegra. Ted Pikul, un jeune stagiaire, s’improvise garde du corps et s’enfuit pour la protéger en emportant la précieuse console qui contient le logiciel original. Mais celle-ci a subit d’importants dégâts et Ted et Allegra doivent se connecter pour les analyser.

 

Thriller futuriste de David Cronenberg, une fois de plus ce film déclenche toutes les passions. Original, la première présentation m’avait quelque peu déçu, cependant lorsque je l’ai visionné de nouveau pour préparer cet article, je dois avouer avoir totalement changé d’opinion. Complexe, comme tout bon Cronenberg qui se respecte, le film mélange habilement le virtuel et le réel pour mieux brouiller les pistes. Quand on pense avoir compris, en fait, il n’en est rien et aussitôt l’intrigue se relance. Le film n’échappe pas au côté glauque si cher à son réalisateur et tranche totalement avec l’idée qu’on pourrait se faire d’un virtuel aseptisé.

La présentation du jeu

Les idées géniales du réalisateur foisonnent. On apprend ainsi à construire un pistolet (avec des os d’animaux mutants, des bridges de dents…) qui permet d’échapper à tout contrôle via un détecteur de métaux. La petite bestiole siamoise en image de synthèse est également très réussie et l’horreur qu’elle pouvait engendrer en fait un animal bien sympathique. Les boutons de la console bionique ressemblent à des mamelons de seins, clin d’œil aux autres films de Cronenberg où le sexe fait parti intégrante des histoires. Très peu d’effets spéciaux comme à l’accoutumée mais parfaitement maîtrisés, ceux-ci n’enlèvent rien au côté futuriste de l’histoire, avec la petite mise en garde qui s’impose, celle de ne pas se laisser happer dans les mondes de l’illusion. L'existence cède la place à l'eXistenZ.

On n’échappe pas également à l’introspection biologique si chère à Cronenberg et le thème se réactualise : dissections d’animaux mutants, enfoncement de cordon « ombilical-électrique » dans le dos, implant d’une prise dans la moelle épinière… Sans être outrancières comme dans « Chromosome 3 » ou « La Mouche », les petites autopsies ne manqueront pas de surprendre les néophytes alors qu’elle se révèleront banales pour les habitués des films du réalisateur.

La petite bête mutante

Le pistolet osseux

Et puis les questions qui se posent s’étalent tout au long de l’intrigue : le libre-arbitre existe-t-il ? Qu’est-ce que le signe des temps ? Sommes-nous dans un futur proche ? Et où sommes nous ? Dans le jeu ? Mais surtout, quel est le but du jeu ????

 

Un pod ( une console) malade

Bien évidemment, « eXistenZ » se détache de toutes les productions hollywoodiennes, dont la fin très originale n’aurait jamais pu être acceptée par les conseillers marketing de ce genre de films. Cronenberg reste le seul maître à bord de ses œuvres, sans soucis de compromis et heureusement qu’il existe ce genre d’artistes pour élever le cinéma. Son style déshumanisant et futuriste fait que le film restera totalement indémodable. Encore une fois, c’est la force de Cronenberg. Transcendant !

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