L’état d’urgence est déclaré dans tout le pays suite à des
mouvements de panique incontrôlable. Personne ne sait réellement ce qui se
passe, les informations à la télévision sont contradictoires. On parle de morts
qui seraient revenus à la vie et attaqueraient pour se nourrir les vivants.
Après une descente de police dans un squat qui confirme l’existence de ces
morts-vivants, quatre survivants décident de quitter la ville qui tombent dans
le chaos et s’enfuient en hélicoptère. Pendant le vol, ils aperçoivent des
milices et l’armée organisant la chasse aux zombies. Les rescapés parviennent à
un centre commercial désaffecté où ils décident de s’installer...
Second volet de la trilogie de Georges Romero,
« Zombie » (1978) se situe entre « La Nuit des Morts-Vivants »
(1969) et « Le Jour des Morts-Vivants » (1985). Ce n’est pas à
proprement dit une suite, ni un remake, mais plutôt une continuité dans le
thème. Les morts reviennent à la vie et attaquent les vivants pour se nourrir.
Décérébrés, ils n’obéissent qu’à leur instinct de base et ne sont poussés que
par la faim. Leur nombre est de plus en plus croissant car chaque victime
blessée et non dévorée devient aussitôt l’un des leurs. C’est dans une
atmosphère apocalyptique que débute le film.
Un
centre commercial où il ne fait pas bon faire ses courses
Un
ascenseur qui s'est trompé d'étage
La particularité de « Zombie » en version zone 2,
c’est-à-dire européenne, vient du fait qu’il ne correspond pas au montage de la
version américaine. Amputé d’une vingtaine de minutes, il n’en est pas moins
efficace, au contraire ! Ainsi, par exemple, lorsque l’hélicoptère se pose
pour faire un plein près d’une station service, l’endroit est désert
contrairement à l’autre montage qui montre bien les zombies rodant autour du
garage. L’impact est alors plus angoissant, parce qu’on ne sait pas si les
héros courent un danger, alors que dans la version américaine, on en est sur.
La tension est palpable à chaque instant et les scènes supprimées ne font que
renforcer la menace omniprésente. A l’origine de ce nouveau montage, la
collaboration entre Georges Romero et Dario Argento s’avère on ne peut plus
fructueuse. Il faut dire qu’Argento n’est pas un novice en la matière, il a su
gagner ses galons de réalisateur culte avec des films tels que « L’oiseau
au plumage de cristal », « Phenomena » ou encore « Suspiria ».
Le rythme du film est alors plus rapide, les scènes d’action sont privilégiées
par rapport à la psychologie des personnages, notamment les scènes intimistes
entre l’héroïne et son ami qui sont bannies (la dispute entre la journaliste
voulantpartir au Canada et le refus de
son compagnon préférant rester dans l’hypermarché…). La musique,
catastrophiquement démodée dans la version U.S a été également totalement
remaniée par les Goblins… Le résultat relève le niveau et même si je trouve la
musique plus proche du film d’horreur, je pense qu’elle manque parfois de
relief et n’est pas toujours appropriée (exception faite du thème principal,
extrêmement puissant). Ceci étant, c’est un point de vue totalement personnel
et je sais que beaucoup s’y opposeront.
Le
plateau de télévision
Des
zombies-enfants attaquent le héros
« Zombie » contient également un message
particulièrement virulent envers la société de consommation. Il concerne toute
la partie qui se déroulera dans la galerie commerciale, avec les scènes de
pillage, dont certaines sont incongrues compte tenu de la situation dans
laquelle sont placés les protagonistes, comme le vol du téléviseur, de
l’argent, des bijoux... Romero rejoint ainsi John Carpenter (où le même clin
d’œil apparaît dans le film « Invasion Los Angeles ») en dénonçant
cet excès de capitalisme. A noter que « Zombie » fut interdit en
France, non pas à cause des scènes sanglantes mais tout simplement parce que le
message gauchiste qu’il véhiculait ne plaisait pas à la censure !
Incroyable, surtout lorsque l’on regarde le film maintenant !
Cliquez
sur la tête
Et les scènes gores dans tout ça ? Eh bien elles sont
présentes évidemment, bien plus marquantes que dans « La Nuit des
Morts-Vivants ». Parfois, ce sont de véritables boucheries, et les
décapitations, têtes explosées, membres arrachés font partie intégrante de
l’univers dans lequel les personnages vont évoluer. La scène avec les enfants-zombies
est d'ailleurs particulièrement cruelle. La morale philosophique n'est pas en
reste, puisque les personnages débattant sur le plateau de télé
tout au début du film ne savent même pas si les actes des zombies
se révèlent être cannibalesques dans la mesure où les morts ne se
dévorent pas entre eux mais attaquent les humains bien vivants.
C’est le film détonateur
par excellence qui engendrera toute une suite de séquelles qui reprendront le
thème des zombies. « Braindead », « Resident Evil »,
« Le Retour des Morts-Vivants », « Evil Dead », etc... sont
la progéniture de « Zombie ».
Un
mort se levant de son lit
Dans
ce film, quelques petites erreurs
pratiquement invisibles parsèment celui-ci mais ne nuisent en rien au déroulement
de l’histoire. Certains personnages mettent plusieurs heures pour devenir
zombies, contrairement à d’autres pour qui la mutation ne sera que de quelques
minutes… Certains morts-vivants courent, d’autres marchent péniblement... Dans
une séquence, on aperçoit le tremplin qui sert à faire sauter un des cascadeurs
transformé zombie. La chute de Tom Savini (le chef des Hell’s Angel, qui est
également cascadeur et maquilleur attitré des films de Romero) en moto révèle
qu’il avait du papier journal dissimulé dans le dos pour amortir sa chute.
Quand Roger est agressé dans le camion blanc par la zombie blonde, Peter tire
dans la tête de la morte-vivante qui couvre d’hémoglobine son ami. Mais
l’instant d’après, même s’il reste encore du sang sur le visage de Roger, on
distingue bien que des traces dégoulinantes ont été partiellement essuyées.
La copie en dvd de « Zombie » est excellente et a été nettoyée
à 90% (exception faite de l’arrivée en hélico sur le toit du centre
commercial). Inutile de vous inciter à "posséder" le dvd dont
l'achat est on ne peut plus indispensable.
Comme tous les films ayant
marqué les esprits malgré une censure d'époque et
sans forcément obtenir de résultats faramineux
au box-office, « Zombie » se voit actuellement
adulé et vient de faire l'objet d'un remake américain.